Et si, un jour, on pouvait faire baisser le « mauvais » cholestérol à l'aide de minuscules molécules d'ADN, sans passer par les statines ? Des chercheurs viennent de dévoiler une approche prometteuse qui, en laboratoire et chez l'animal, a réduit le cholestérol de près de moitié. Une piste porteuse d'espoir — encore au stade de la recherche.
Les maladies cardiovasculaires demeurent l'une des principales causes de décès dans le monde, et l'excès de « mauvais » cholestérol y joue un rôle central. C'est dire l'intérêt de toute nouvelle piste pour le faire baisser — surtout si elle promet d'éviter certains effets secondaires.
Faire baisser le cholestérol autrement : une idée qui, pour l'instant, s'écrit dans les éprouvettes.
Cibler une protéine clé : PCSK9
Pour comprendre l'idée, un petit détour s'impose. Dans notre sang circule le cholestérol LDL — le fameux « mauvais » cholestérol —, dont l'excès peut encrasser les artères. Une protéine, appelée PCSK9, joue un rôle d'aiguilleur : elle limite la capacité de nos cellules à capter et à éliminer ce cholestérol. En clair, moins cette protéine est active, plus les cellules « nettoient » le sang. C'est pourquoi PCSK9 est devenue une cible privilégiée de la recherche — plusieurs médicaments existants s'y attaquent déjà.
De minuscules molécules d'ADN
La nouveauté, ici, tient à la méthode. Des chercheurs, notamment de l'Université de Barcelone, ont mis au point de petites molécules d'ADN surnommées « épingles à cheveux » (polypurine hairpins), capables de « faire taire » le gène responsable de PCSK9. Résultat : dans des cellules humaines de foie et chez des modèles animaux, la production de cette protéine s'effondre, et le cholestérol chute de près de moitié — le tout, semble-t-il, sans les effets secondaires parfois associés aux statines. Une approche élégante, saluée par la revue scientifique qui l'a publiée.
L'étude en bref
L'objectif : faire baisser le « mauvais » cholestérol (LDL).
La cible : la protéine PCSK9, qui freine l'élimination du cholestérol.
La méthode : de petites molécules d'ADN qui « éteignent » le gène en cause.
Les résultats : une baisse d'environ 50 %, en laboratoire et chez l'animal.
Le statut : une recherche préliminaire, pas encore testée chez l'humain.

PCSK9 : une petite protéine au nom compliqué, mais une grande cible pour la santé du cœur.
Pourquoi c'est important
Aujourd'hui, les statines restent le traitement de référence pour abaisser le cholestérol, et elles ont fait leurs preuves. Mais elles ne conviennent pas à tout le monde : une partie des patients les tolèrent mal, ou n'atteignent pas les cibles recommandées. D'où l'intérêt de développer de nouveaux outils, complémentaires, pour mieux protéger le cœur et les artères. Chaque piste sérieuse dans cette direction est une bonne nouvelle en puissance.
Prometteur, mais encore loin des patients
Il faut toutefois rester mesuré. Ces résultats, aussi encourageants soient-ils, proviennent d'expériences en laboratoire et sur des animaux : la méthode n'a pas encore été testée chez l'humain. De longues années de recherche et d'essais cliniques seront nécessaires avant d'envisager, peut-être, une application médicale. En aucun cas cette découverte ne doit conduire à modifier un traitement en cours. Mais elle illustre la vitalité de la recherche — et la promesse d'une médecine toujours plus fine.
De l'éprouvette au chevet du patient, le chemin est long et incertain. Mais chaque avancée comme celle-ci rapproche un peu la science du jour où protéger son cœur sera plus simple pour tout le monde.
À retenir
Des chercheurs ont mis au point de minuscules molécules d'ADN capables de « faire taire » la protéine PCSK9 et d'abaisser le « mauvais » cholestérol de près de moitié — en laboratoire et chez l'animal, sans les effets secondaires des statines. Une piste prometteuse contre les maladies cardiovasculaires, mais encore au stade de la recherche. Et vous, que vous inspirent ces avancées de la science ?
Cet article présente une découverte scientifique à titre d'information. Il ne constitue pas un conseil médical. Cette approche est encore expérimentale et ne doit en aucun cas conduire à modifier un traitement. Pour toute question de santé ou de cholestérol, consultez un professionnel.
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