STOCKHOLM — Le prix Nobel de physiologie ou médecine 2026 a été attribué lundi à l'Américain Karl Deisseroth et aux Allemands Peter Hegemann et Georg Nagel, pour leurs découvertes sur les canaux ioniques activés par la lumière et l'optogénétique. Cette méthode permet d'allumer ou d'éteindre des cellules nerveuses avec de la lumière, dans un cerveau vivant. Elle a ouvert, selon l'Assemblée Nobel, une nouvelle ère en neurosciences.
Les trois scientifiques se partagent le prix à parts égales. Karl Deisseroth, 54 ans, travaille à l'Université Stanford, en Californie. Peter Hegemann, 71 ans, est rattaché à l'Université Humboldt de Berlin, et Georg Nagel, 73 ans, à l'Université de Würzburg, en Allemagne. L'annonce, faite à l'Institut Karolinska, ouvre la semaine des Nobel : le prix de littérature sera dévoilé jeudi 8 octobre.

De l'algue au cerveau
Tout part d'une algue verte unicellulaire. Peter Hegemann et Georg Nagel ont découvert chez elle une protéine sensible à la lumière, la channelrhodopsine, qui agit comme un canal s'ouvrant lorsqu'il reçoit de la lumière. Karl Deisseroth a ensuite transformé cette découverte en véritable interrupteur pour les cellules nerveuses. En 2005, son équipe a montré qu'en faisant produire cette protéine à des neurones de rat, un éclair de lumière bleue suffisait à déclencher un signal nerveux.
Contrôler des neurones avec la lumière
Le principe de l'optogénétique tient dans son nom : elle associe la génétique, qui permet de rendre des cellules sensibles à la lumière, et l'optique, qui sert à les activer ou à les faire taire. Les chercheurs peuvent ainsi agir sur des groupes précis de neurones, à la milliseconde près, et observer l'effet sur la mémoire, les émotions ou le comportement d'un animal. Le président du comité Nobel de physiologie ou médecine, Per Svenningsson, a souligné qu'elle permet de « cartographier le cerveau d'une manière dont nous ne pouvions autrefois que rêver ».
Les lauréats : Karl Deisseroth (États-Unis), Peter Hegemann et Georg Nagel (Allemagne).
La récompense : « pour leurs découvertes concernant les canaux ioniques activés par la lumière et l'optogénétique ».
L'origine : une protéine sensible à la lumière, découverte chez une algue verte unicellulaire.
L'usage : comprendre comment les cellules nerveuses façonnent souvenirs, émotions et comportements.
L'annonce : lundi 5 octobre 2026, à l'Institut Karolinska.

Un outil de recherche avant tout
Plusieurs analyses rappellent que ce Nobel récompense d'abord une technologie de recherche, utilisée aujourd'hui dans des laboratoires du monde entier, plutôt qu'un traitement déjà offert aux patients. Des équipes explorent néanmoins des applications médicales, notamment pour tenter de restaurer la vision de personnes malvoyantes. Ces pistes restent à valider par la recherche clinique.
Cet article présente une actualité scientifique à titre d'information. Il ne constitue pas un conseil médical.
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