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Chaque mois de juin, le Canada souligne le Mois de la santé des hommes. En 2026, l’occasion prend une tout autre ampleur : le pays prépare sa toute première stratégie nationale sur la santé des hommes et des garçons, attendue à l’automne. Une première historique — et le signe qu’un sujet longtemps resté discret est enfin pris au sérieux.

Un écart qui se rattrape

Au Canada, les hommes vivent en moyenne moins longtemps que les femmes : environ 80 ans contre un peu plus de 84 ans, selon les données de 2024. L’écart paraît important, mais l’essentiel se cache dans une autre statistique : une grande partie des problèmes de santé qui creusent cette différence sont évitables.

Le frein le plus courant n’est pas médical, il est culturel. Près de deux hommes sur trois (65 %) attendraient plus de six jours après l’apparition de symptômes avant de consulter. Pourtant, la plupart des grandes menaces — maladies du cœur, diabète, plusieurs cancers — se préviennent ou se détectent d’autant mieux qu’on agit tôt. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est jamais trop tard pour reprendre la main.

Ce n’est pas qu’une question d’âge ou de génétique : une large part de notre santé se joue dans nos habitudes du quotidien.

Le vrai visage de la santé masculine

Dans son rapport Le vrai visage de la santé masculine, la fondation Movember rappelait qu’en 2023, près de 75 000 hommes étaient morts prématurément au Canada. Les principales causes : les cancers, les maladies du cœur, les accidents et le suicide — un domaine où les hommes sont environ trois fois plus à risque que les femmes. Là encore, une majorité de ces décès étaient considérés comme largement évitables.

Au-delà du drame humain, l’enjeu est aussi collectif : améliorer la santé des hommes permettrait d’économiser quelque 12,4 milliards de dollars par année, sans compter les gains de productivité. Mieux soutenir les hommes, c’est donc renforcer les familles, les milieux de travail et les communautés. C’est précisément l’esprit de la future stratégie nationale.

La santé des hommes en chiffres

~4 ans L’écart d’espérance de vie : ~80 ans chez les hommes, ~84 chez les femmes
65 % Des hommes attendent plus de six jours avant de consulter pour des symptômes
~70 % De la santé globale d’un homme dépendrait de son mode de vie
12,4 G$ Les économies annuelles possibles en améliorant la santé masculine

Les vrais leviers sont dans le quotidien

Selon la Fondation pour la santé des hommes au Canada, environ 70 % de la santé globale d’un homme dépend de son mode de vie. Autrement dit : l’essentiel est entre nos mains. Et il ne s’agit pas de tout révolutionner du jour au lendemain, mais d’additionner de petits choix tenables.

Cinq gestes qui changent tout

Bouger Même modestement : une marche quotidienne fait déjà une vraie différence
Mieux manger En s’appuyant sur de bons produits — l’occasion de redécouvrir les producteurs d’ici
Moins d’alcool Et, si l’on fume, chercher du soutien pour arrêter — deux risques bien documentés
Bien dormir Et se réserver de vrais moments de récupération
Se faire dépister Et consulter sans attendre que « ça passe »

Parler, c’est déjà agir

La santé masculine n’est pas que physique. Le silence reste l’un des plus grands obstacles : trop d’hommes hésitent encore à parler de leur stress, de leur anxiété ou de leur moral. C’est tout le sens de campagnes comme « Mettez vos bretelles », portée chaque mois de juin par la Fondation pour la santé des hommes au Canada, qui invite simplement à ouvrir la conversation.

Prendre soin de sa tête compte autant que de son corps — un équilibre que recherchent de plus en plus de gens, à l’image de cette génération qui réapprend à ralentir et à se reconnecter à l’essentiel. Demander de l’aide n’est pas un aveu de faiblesse : c’est souvent le premier geste de santé.

« Quand les hommes vont bien, notre société se porte mieux. » Tout l’esprit de cette première stratégie nationale tient dans cette idée.

2026, une année charnière

Avec sa première stratégie nationale attendue à l’automne, le Canada rejoint un mouvement mondial — aux côtés du Royaume-Uni, de l’Australie ou de l’Irlande — qui reconnaît que la santé publique doit mieux répondre aux réalités des hommes et des garçons. Au Québec, le sujet n’est pas nouveau : la province avait été pionnière, dotée de sa propre politique en santé masculine dès 2009.

Derrière les chiffres, le message est résolument positif : la santé des hommes s’améliore quand on en parle, quand on agit tôt et quand on s’entoure. Et ça commence par un geste tout simple, aujourd’hui.

Faire passer sa santé en premier n’a rien d’égoïste : c’est aussi un cadeau qu’on offre à ceux qu’on aime.

À retenir

Un rendez-vous médical reporté depuis trop longtemps, une marche quotidienne, une conversation honnête sur son moral : et si le premier pas, c’était cette semaine ?

Cet article a une visée informative et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de la santé. Pour un bilan personnalisé, parlez-en à votre médecin ou consultez les ressources de la Fondation pour la santé des hommes au Canada.

La Touche | Regard Positif sur le Monde

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Bien-être

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