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Un traitement expérimental contre la maladie d’Alzheimer, appelé ganténérumab, pourrait permettre de retarder l’apparition des symptômes cognitifs. Selon une étude internationale récente, ce médicament pourrait diviser par deux le risque de développer la maladie, en particulier chez les personnes porteuses d’une mutation génétique rare.

Qu’est-ce que le ganténérumab ?

Le ganténérumab est un anticorps monoclonal développé par le laboratoire Roche, conçu pour cibler et éliminer les plaques amyloïdes dans le cerveau. Ces plaques sont considérées comme l’une des principales causes de la maladie d’Alzheimer.

Alors que les premiers traitements visaient uniquement à soulager les symptômes (troubles de la mémoire, du comportement…), les recherches actuelles se concentrent sur l’origine biologique de la maladie, avec des résultats prometteurs.

Une étude internationale sur les formes héréditaires d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer génétique est rare (moins de 1 % des cas), mais elle offre un cadre idéal pour tester des traitements en phase précoce. Depuis 2012, l’unité de recherche DIAN-TU mène des essais sur des personnes porteuses de mutations génétiques (APP, PSEN1, PSEN2) mais encore asymptomatiques.

Dans une étude d’extension ouverte menée dans 8 pays, dont la France et le Canada, 73 participants ont reçu du ganténérumab pendant plusieurs années, à des doses croissantes.

Des résultats encourageants malgré l’arrêt du développement

Bien que le laboratoire Roche ait mis fin au développement du ganténérumab en 2023 en raison de résultats jugés insuffisants, l’analyse finale de l’étude apporte des données très intéressantes :

  • Les patients traités pendant huit ans ont vu leur risque de développer les symptômes d’Alzheimer réduit de moitié.
  • Le médicament a permis une réduction significative des plaques amyloïdes.
  • Aucun décès ou effet secondaire grave n’a été constaté, même si des anomalies cérébrales mineures (ARIA, microhémorragies) ont été observées chez certains participants.

Ganténérumab : une piste sérieuse pour retarder Alzheimer ?

Les chercheurs concluent que le traitement prolongé à un stade très précoce pourrait préserver les capacités cognitives plus longtemps. Même si cette étude comportait des limites (pas de groupe placebo, échantillon réduit), elle ouvre la voie à de nouvelles stratégies préventives pour les personnes à risque génétique.

Ce qu’il faut retenir

  • Le ganténérumab est un traitement qui cible les plaques amyloïdes.
  • Il a montré un potentiel pour retarder les symptômes d’Alzheimer chez des patients à haut risque génétique.
  • Une prise en charge précoce et prolongée pourrait repousser l’apparition de la maladie de plusieurs années.
  • Malgré l’arrêt de son développement, le ganténérumab pourrait inspirer de futurs traitements préventifs.
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Sciences & Santé

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