La médecine canadienne vit un moment décisif grâce à l’intégration de l’impression 3D dans le développement de solutions de santé. Des implants innovants aux bio-encres qui simulent des tissus humains, chercheurs, startups et organismes de santé travaillent ensemble pour transformer les soins médicaux au pays.
Le Canada fait des pas significatifs dans l’utilisation de technologies avancées pour améliorer les soins de santé. En 2025, le gouvernement fédéral, par l’intermédiaire de Santé Canada, a approuvé un essai clinique first-in-human pour l’implant 3D Chondrograft, conçu pour régénérer le cartilage du genou. Ce dispositif a été autorisé pour être testé chez des patients souffrant de lésions articulaires.
Ben Holmes, PDG de l’entreprise développeuse Nanochon, a expliqué : « Obtenir l’approbation de Santé Canada nous permet de recueillir les données cliniques nécessaires pour franchir une étape majeure. Nous avons une entière confiance dans le docteur Abuzgaya et dans son équipe clinique, qui dirigeront cet essai avec le plus haut niveau de professionnalisme » (Business Wire, 2025).
L’implant Chondrograft est issu de l’ingénierie avancée et devrait offrir une alternative moins invasive aux méthodes traditionnelles de réparation articulaire. L’essai concernera 10 patients atteints de lésions du cartilage du genou et évaluera à la fois sa sécurité et son intégration avec les tissus environnants (3D Printing Industry, 2025).
Mais ce n’est pas le seul progrès : des chercheurs de l’Université McMaster, via la startup Tessella Biosciences, ont mis au point une bio-encre 3D qui simule le tissu pulmonaire. Cette innovation permet d’imprimer des structures flexibles, stables et compatibles avec la température corporelle, ce qui améliore la recherche sur les maladies respiratoires. Le docteur Jeremy Hirota a déclaré : « Les poumons respirent. Ils s’ouvrent et se ferment à chaque respiration… Pourtant, entre 95 % et 99 % de la recherche que nous faisons dans le monde se réalise sur des plaques de plastique rigides. Grâce à cette bio-encre, nous pouvons isoler des cellules et recréer des tissus qui ressemblent beaucoup plus à la réalité » (Brighter World, McMaster University, 2025).
De plus, l’entreprise technologique PolyUnity s’est associée à Nova Scotia Health pour développer des dispositifs médicaux imprimés en 3D. Jusqu’à présent, plus de 500 modèles ont été fabriqués pour des hôpitaux et des organismes de santé au Canada, démontrant que l’innovation ne se limite pas aux laboratoires, mais s’applique aussi à la pratique quotidienne des soins médicaux (Innovation Hub, NS Health, 2024).
Ces avancées illustrent comment l’impression 3D peut offrir des dispositifs personnalisés, accélérer l’innovation médicale et rendre des solutions complexes plus accessibles. Santé Canada adapte d’ailleurs sa réglementation depuis plusieurs années : dès 2019, elle reconnaissait déjà le potentiel des dispositifs implantables imprimés en 3D dans des applications orthopédiques et dentaires (Gouvernement du Canada, 2019).
Avec ces initiatives, le Canada n’innove pas seulement en laboratoire : il fait des pas concrets pour que la technologie médicale arrive jusqu’aux patients. L’impression 3D n’est plus une promesse futuriste, mais un véritable outil d’espoir.
La Touche | SNP
