Dans un contexte où l’intelligence artificielle (IA) s’impose de plus en plus comme un moteur de transformation des entreprises, Kyndryl Canada tire la sonnette d’alarme : de nombreuses organisations canadiennes ne sont pas encore suffisamment prêtes sur le plan opérationnel, technique et humain pour tirer pleinement parti de l’IA.
Selon les derniers résultats du Readiness Report 2025 de Kyndryl, une nette fracture entre ambition et préparation se dessine. Si de nombreuses entreprises investissent massivement dans les technologies d’IA, une large part reconnaît ne pas être équipée pour gérer les défis associés à l’adoption à grande échelle de ces technologies.
Un fossé entre attentes et capacités réelles
Les données recueillies auprès de 200 dirigeants d’entreprises canadiennes révèlent que moins d’un tiers des responsables estiment que leur organisation est prête à absorber l’ampleur du changement imposé par l’IA. Les préoccupations principales concernent la cybersécurité, la capacité d’infrastructure informatique et les compétences nécessaires pour gérer ces transformations.
Plus précisément, l’étude met en évidence une situation paradoxale : la plupart des dirigeants s’attendent à ce que l’IA transforme profondément les fonctions et les rôles au sein de leur entreprise, mais très peu estiment que leurs équipes disposent aujourd’hui des compétences requises pour utiliser l’IA de manière efficace.
La cybersécurité et l’infrastructure technologique en première ligne
Un autre enseignement important du rapport est le rôle central de la cybersécurité et de l’infrastructure informatique dans l’adoption de l’IA. Plus de quatre organisations sur cinq interrogées ont signalé une interruption liée à la cybersécurité au cours de l’année écoulée, soulignant ainsi l’urgence de renforcer la résilience face aux risques numériques.
Parallèlement, de nombreux dirigeants craignent que leurs plateformes technologiques actuelles ne soient pas capables de répondre à la demande croissante en puissance de calcul et en stockage des données — deux éléments essentiels pour des projets d’IA à grande échelle.
L’IA : une plus grande adoption mais une préparation insuffisante
Même si une majorité d’entreprises reconnaît déjà des avantages liés à l’usage de l’IA, la majorité reste coincée dans des phases de projets pilotes, sans parvenir à déployer ces technologies à l’échelle ou à intégrer l’IA pleinement dans les processus métiers.
Cette dynamique s’explique notamment par une préparation insuffisante des effectifs. Nombre d’organisations multiplient les expérimentations avec de nouveaux outils, mais ne parviennent pas encore à les intégrer de manière systématique ou à générer des retours sur investissement mesurables.
Approche stratégique : technologie, gouvernance et compétences
Pour faire face à cette situation, Kyndryl souligne l’importance de ne pas considérer l’IA comme une simple technologie, mais comme un vecteur global de transformation qui requiert :
- une modernisation des infrastructures existantes,
- un renforcement de la cybersécurité,
- une formation continue des employés,
- une gouvernance adaptée pour gérer les risques et les données.
Selon Farhaz Thobani, président de Kyndryl Canada, ce n’est pas seulement une question de technologie, mais aussi de préparation organisationnelle : “La combinaison d’incertitudes géopolitiques, de risques cybernétiques, de préoccupations liées à la souveraineté des données et de changements rapides des compétences contribue à créer un environnement où la préparation devient un facteur de différenciation.”
Des entreprises en avance… et beaucoup d’autres à rattraper
Le rapport identifie également un petit groupe d’entreprises qualifiées de « pionnières », capables non seulement de déployer l’IA à grande échelle, mais aussi de créer de la valeur réelle et de générer des résultats positifs. Ces organisations se distinguent notamment par leur capacité à moderniser leurs technologies, à renforcer la confiance de leurs équipes et à aligner leurs stratégies métier et technologiques.
Conclusion : l’heure de combler l’écart de préparation
Alors que l’IA continue d’évoluer rapidement et de transformer les modèles d’affaires, la principale difficulté pour les organisations canadiennes n’est plus seulement technologique, mais humaine et organisationnelle. Renforcer les compétences, repenser l’infrastructure et anticiper les risques sont désormais des éléments indispensables pour combler le fossé de préparation et tirer pleinement parti des avantages de l’IA.
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