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La curleuse Briane Harris, blanchie récemment après une suspension provisoire de près d’un an pour dopage, a officiellement adressé une plainte à l’Agence mondiale antidopage (AMA) contre le Centre canadien pour l’éthique dans le sport (CCES), selon deux sources proches du dossier. Le 7 février dernier, le document de dix pages rédigé par Harris a été transmis au siège montréalais de l’AMA, dans lequel elle affirme que le CCES n’a pas respecté le code de l’AMA.

Organisme indépendant responsable de l’administration du programme antidopage au Canada, le CCES fait désormais l’objet d’une contestation. Sous couvert d’anonymat, des sources ont expliqué à La Presse canadienne que la plainte, qui n’a pas encore été rendue publique, s’inscrit dans une série d’événements qui ont suivi la réception des résultats de tests de Harris, survenus la veille du Tournoi des cœurs de 2024.

Quadruple championne nationale et première joueuse de l’équipe dirigée par Kerri Einarson, Harris avait été blanchie en janvier dernier par le Tribunal arbitral du sport (TAS). Celui-ci avait conclu qu’elle n’avait commis aucune faute ni preuve quelconque d’acte de négligence pouvant constituer une violation du Code antidopage, suite à un test réalisé en janvier 2024 qui avait révélé une infime quantité de ligandrol – une substance interdite en raison de ses effets anabolisants. La curleuse de Winnipeg avait alors invoqué une contamination par contact physique avec une autre personne.

Le document précise que la plainte trouve son origine dans la fuite de renseignements personnels qui aurait eu lieu le 17 février 2024. En effet, ses avocats, Emir Crowne et Amanda Fowler, ont informé le CCES et World Curling d’une diffusion d’informations sensibles sur Reddit, se basant sur des affirmations d’un utilisateur citant un ami employé au CCES. La plainte inclut des échanges d’emails entre les avocats de Harris et le directeur général du CCES, Jeremy Luke, ainsi que des captures d’écran du fil de discussion et des publications qui ont été retirées après trois jours.

Selon Harris, le CCES, s’appuyant sur les conclusions d’une enquête interne, avait rejeté l’hypothèse selon laquelle un de ses employés aurait divulgué ces informations. La curleuse demande ainsi une enquête indépendante approfondie et souhaite être informée des conclusions de cette investigation. Ses avocats avancent que le fait pour le CCES d’enquêter sur lui-même justifie la nécessité d’une supervision externe par l’AMA.

Par ailleurs, un porte-parole de l’AMA a précisé, par courriel lundi, qu’après un examen minutieux, l’agence avait décidé de ne pas interjeter appel auprès du TAS dans le dossier de Harris. L’AMA n’a pas encore commenté la possibilité d’ouvrir une enquête relative à cette plainte.

Fondé en 2003, le Code mondial antidopage harmonise les politiques et règlements des différentes instances sportives et autorités publiques à travers le monde, conformément aux informations figurant sur le site de l’AMA.

Harris a refusé de s’exprimer pour La Presse canadienne et il reste incertain si la curleuse de 32 ans reprendra la compétition. Dans son équipe, désormais classée deuxième au pays derrière celle de la championne canadienne Rachel Homan, certaines joueuses sont remplacées en raison de blessures. Ainsi, la joueuse habituelle de première position, Krysten Karwacki, et l’ajout récent de Karlee Burgess, sont appelées à combler le vide laissé par Shannon Birchard, actuellement indisponible pour cause de blessure au genou.

L’équipe d’Einarson, déjà qualifiée pour les essais olympiques de novembre prochain qui détermineront les représentantes du Canada aux Jeux de 2026, poursuit sa préparation malgré ces circonstances.

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