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Sur le papier, l’affiche promettait une formalité : le champion du monde et Lionel Messi face à une petite île de l’Atlantique disputant sa toute première Coupe du monde. Il aura fallu une prolongation, cinq buts et des frissons jusqu’au bout pour que l’Argentine s’en sorte (3-2). Et si le vrai vainqueur, dans les cœurs, était le Cap-Vert ?

À Miami, ce 3 juillet, en 16es de finale, l’Argentine a frôlé ce qui aurait été la plus grande surprise de l’histoire de la Coupe du monde. Poussés dans leurs derniers retranchements par des Cap-Verdiens intrépides, les tenants du titre ont dû aller chercher leur qualification au forceps, après prolongation. Récit d’une soirée que personne n’oubliera — surtout pas les insulaires.

Une île d’à peine 500 000 habitants a fait trembler les champions du monde. Le football a de ces histoires qu’aucun scénariste n’oserait écrire.

Messi lance les champions… puis entre dans l’histoire

Tout commence pourtant comme prévu. À la 29e minute, sur un ballon en profondeur de Lisandro Martínez, Lionel Messi contrôle et fusille le gardien : 1-0. Un but qui vaut de l’or, car il s’agit du 20e de Messi en Coupe du monde — un record absolu — et déjà son 7e dans ce tournoi, en tête de la course au Soulier d’or. À bientôt 39 ans, l’Argentin continue d’écrire sa légende. L’affaire semblait pliée.

…mais le Cap-Vert refuse de mourir

C’était compter sans le courage des Requins bleus. À la 59e minute, Deroy Duarte surgit et trompe Emiliano Martínez d’un angle fermé : 1-1, et le tout premier but de l’histoire du Cap-Vert en phase à élimination directe. Porté par un gardien de 40 ans, Vozinha, absolument héroïque — une dizaine d’arrêts dans la soirée, dont plusieurs face à Messi lui-même —, le petit poucet tient bon jusqu’au bout du temps réglementaire. Direction la prolongation.

Argentine 3 – 2 Cap-Vert (après prolongation)

Messi (29e) Ouvre le score : 20e but en Coupe du monde, un record absolu
Duarte (59e) Égalise : premier but cap-verdien en phase à élimination directe
L. Martínez (92e) / Cabral (103e) L’Argentine repasse devant, le Cap-Vert recolle encore (2-2)
Romero (111e) Offre la qualification d’une tête, sur un corner de Messi

Une prolongation de folie

Dès la 2e minute de la prolongation, Lisandro Martínez, buteur cette fois, croit délivrer les siens sur un coup de pied arrêté (2-1). Mais le Cap-Vert n’a pas dit son dernier mot : à la 103e, Sidny Lopes Cabral enroule une frappe somptueuse d’un angle impossible pour égaliser une nouvelle fois (2-2), faisant vaciller tout un stade acquis à l’Argentine. L’exploit était à portée. Il aura fallu un dernier coup d’éclat de Messi — un corner parfait, dévié au fond par la tête de Cristian Romero (111e) — pour que l’Argentine reprenne l’avantage. Et dans les ultimes secondes, c’est Emiliano Martínez qui a préservé la qualification en repoussant un coup franc puissant. Ouf.

« On a dignifié ce qu’est notre pays. Deux fois nuls contre les champions du monde, et emmenés jusqu’en prolongation. » — Bubista, sélectionneur du Cap-Vert

Le Cap-Vert, véritable héros du tournoi

Éliminé, et pourtant adulé. Avec à peine plus de 500 000 habitants, le Cap-Vert est le plus petit pays à avoir jamais atteint les phases finales d’une Coupe du monde. Pour sa grande première, il a tenu tête à l’Espagne, à l’Uruguay et à l’Arabie saoudite en poule, avant de pousser l’Argentine, numéro un mondial, jusqu’aux prolongations. Même Messi a salué « une grande performance ». Les Requins bleus quittent le tournoi la tête haute, laissant derrière eux l’une des plus belles histoires de ce Mondial — et la preuve, s’il en fallait, que le nouveau format élargi a du bon.

Et maintenant ?

L’Argentine, elle, poursuit sa route vers un éventuel doublé. En 8es de finale, elle affrontera l’Égypte — tombeuse de l’Australie aux tirs au but — le mardi 8 juillet à Atlanta. Mais les champions du monde le savent : ils devront élever leur niveau. Car ce soir-là, à Miami, c’est une petite île de l’Atlantique qui a donné la plus belle leçon de football — celle du cœur et du courage.

Le Cap-Vert rentre à la maison sans la victoire, mais avec quelque chose de plus rare encore : l’admiration du monde entier.

À retenir

L’Argentine s’en sort (3-2 a.p.) et Messi bat un record, mais c’est le Cap-Vert, minuscule nation insulaire, qui aura fait vibrer le monde. La plus belle preuve qu’en football, la grandeur ne se mesure pas qu’au tableau d’affichage.

La Touche | Regard Positif sur le Monde

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